
Non une âme écoutait ce chant, ce chant pénétrait dans
les entrailles d’un être, d’un corps laissé pour mort,
un corps abandonné à la nuit. La mer fouettait cruellement cet amas
de chair, sans se soucier de la douleur de cet être, un être dont
le cœur ne battait plus depuis trop longtemps. L’écume
vint de nouveau lécher le corps de cette jeune femme gisant sur le
sable fin. C’était un ange. Une illusion. Un fantôme.
L’incarnation de la mort. Ou tout simplement une femme
étendue sur le sable froid et humide d’un triste mois de
Novembre. Une morte. Non, ce n’était pas un cadavre, la jeune
femme bougea légèrement sa main droite comme pour tenter de
s’emparer d’une poignée de sable. Les grains trop fins
s’évadèrent sans le moindre mal. Cette pauvre enfant de la
nuit tenta de se relever, cependant trop faible elle
s’écroula lamentablement à terre.

Son corps était vide de toute force. Ni vivante ni morte, elle ne
ressentait plus rien. Elle ne désirait même plus se battre. Elle
aurait tant aimée pouvoir rester là dans les bras tendres de la mer
et dans ses méandres sombrer, oublier, redevenir poussière.
C’était impossible. La jeune femme s’arracha finalement
à sa transe, elle ne comptait même plus les jours passés sur cette
plage déserte. De trop long jours. La souffrance aurait due se
taire, pourtant elle demeurait tapis au fond de son corps, la
dévorant doucement, dangereusement mais jamais mortellement. La
mort ne voulait pas d’elle.


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