
La jeune femme tenta de nouveau d’avancer, trop
faible elle se contenta de ramper. Ses membres pourtant menus
semblaient peser des tonnes. Mais la douleur physique n’était
rien comparée à la soif. Cette soif dévorante qui la faisait à
chaque minute sombrer davantage dans la folie. Sa gorge la brûlait.
Son estomac se contorsionnait dans tous les sens. Paradoxalement,
la simple vision de l’immense étendue bleue qui se profilait
devant elle, lui donna une folle envie de vomir toutes ses tripes,
de recracher tous ce sang maudit qui coulait dans ses veines.
L’eau n’étancherait jamais sa soif, jamais. Il
fallait…Elle ne parvenait même plus à formuler correctement
ses pensés, non elle ne pensait même plus. Malgré elle, ses
instincts animaux émergeaient de nouveau. Férocement des désirs
maudits déferlaient en elle. Elle luttait depuis déjà trop
longtemps, la torture qu’elle endurait était devenue
insupportable. Pourtant elle ne criait pas. Elle ne pleurait pas.
Elle n’émettait aucun son, demeurant aussi silencieuse que la
nuit, aussi immobile qu’une poupée de cire. Elle ne possédait
plus rien d‘humain. Elle n’était plus qu’un
pauvre petit animal perdu, un animal mourant, un animal affamé,
terriblement affamé.

La jeune femme voulu se relever mais au lieu de ça elle
s’obligea à rester à terre, elle ne voulait pas quitter la
plage, elle savait que si elle se levait, elle ne pourrait plus
lutter contre sa soif, une soif qui balayait tout le reste pour
devenir une épouvantable obsession. Il fallait qu’elle boive.
Qu’elle ranime son corps mort. Finalement elle ne changera
jamais, non jamais! Le vent comme pour ponctuer cette terrible
vérité souleva sa lourde chevelure d’or. Mais la malheureuse
refusait de répondre à son appel, pas ce soir se répétait-elle en
boucle, repoussant une fois de plus ses limites
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